Un salarié en arrêt maladie touche moins qu’avant. La faute au plafond des indemnités journalières de Sécurité sociale, abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC. Pour les rémunérations au-dessus de ce seuil, la baisse atteint environ 22 %. Et ce qui échappe à la Sécu retombe souvent sur l’employeur, via le maintien de salaire. Voici ce que change ce nouveau plafond, chiffres à l’appui.
Ce qui a changé : de 1,8 à 1,4 SMIC
Le décret n°2025-160 du 20 février 2025 a abaissé le plafond de calcul des IJSS maladie de 1,8 fois le SMIC à 1,4 fois le SMIC, applicable depuis le 1er avril 2025. Le montant maximal de l’indemnité journalière, qui atteignait 53,31 € brut avant la réforme, est tombé nettement plus bas.
En 2026, ce maximum s’établit à 41,95 € brut par jour du 1er février au 30 juin, puis à 42,97 € brut par jour à compter du 1er juillet, au gré de la revalorisation du SMIC. Pour un salarié rémunéré au-dessus de 1,4 SMIC, soit environ 2 552 € brut par mois, la perte par rapport à l’ancien régime avoisine 22 % sur la part Sécu.
Comment se calcule l’indemnité journalière
La base reste la même : l’IJSS maladie vaut 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire journalier se calcule en additionnant les 3 derniers salaires bruts précédant l’arrêt, divisés par 91,25. Le résultat est ensuite plafonné, et c’est là que le nouveau seuil de 1,4 SMIC mord.
Prenons un salarié à 3 000 € brut par mois. Son salaire journalier de base est de 9 000 / 91,25, soit 98,63 €. La moitié donnerait 49,32 € par jour. Mais le plafond de 1,4 SMIC ramène l’indemnité à 42,97 € depuis juillet 2026. La différence, un peu plus de 6 € par jour, n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale.
L’employeur en première ligne via le maintien de salaire
Cette différence ne disparaît pas, elle change de payeur. La plupart des salariés bénéficient d’un maintien de salaire, légal ou conventionnel, qui complète les IJSS pour garantir un pourcentage du salaire net. Quand la part Sécu baisse, la part employeur monte d’autant, à garantie inchangée.
Autrement dit, la réforme a transféré une partie du coût des arrêts maladie de la Sécurité sociale vers les employeurs et les organismes de prévoyance. Une entreprise avec un maintien de salaire à 100 % voit sa charge nette augmenter à chaque arrêt d’un salarié au-dessus de 1,4 SMIC. C’est un poste à surveiller de près dans le budget de paie 2026.
Le traitement en paie et en DSN, là où ça se joue
En paie, l’enjeu est de ne pas se tromper sur le montant réellement versé par la Sécu. Un maintien de salaire calculé sur l’ancien plafond surindemnise le salarié et fausse le net. Calculé sur le mauvais plafond de période, il génère un écart que le montant net social viendra trahir en DSN.
Le montant net social, justement, doit refléter les IJSS soumises et non soumises avec exactitude. En cas de subrogation, l’employeur perçoit les IJSS à la place du salarié et doit les déclarer au bon montant, plafonné, sur la bonne période. Une erreur de plafond se propage alors du bulletin à la DSN, puis au préremplissage de la déclaration de revenus du salarié. Un audit paie vérifie que le plafond appliqué correspond bien à la date de l’arrêt.
Questions fréquentes
Quel est le montant maximal des IJSS maladie en 2026 ?
41,95 € brut par jour du 1er février au 30 juin 2026, puis 42,97 € brut par jour à partir du 1er juillet 2026. Ce plafond suit la revalorisation du SMIC.
Pourquoi les indemnités d’arrêt maladie ont-elles baissé ?
Le décret du 20 février 2025 a abaissé le plafond de calcul de 1,8 à 1,4 SMIC. Pour les salaires au-dessus de ce seuil, la part prise en charge par la Sécurité sociale a diminué d’environ 22 %.
Qui paie la différence quand le plafond baisse ?
L’employeur et, le cas échéant, l’organisme de prévoyance, via le maintien de salaire. À garantie inchangée, la baisse de la part Sécu augmente d’autant la part complémentaire.
Comment est calculée l’indemnité journalière de base ?
50 % du salaire journalier de base, ce dernier étant la somme des 3 derniers bruts divisée par 91,25, le tout plafonné à 1,4 SMIC.
À partir de quel salaire est-on concerné par le plafond ?
Au-delà d’environ 1,4 SMIC, soit près de 2 552 € brut par mois en 2026. En dessous, l’indemnité n’est pas plafonnée et la réforme n’a pas d’effet.
Le plafond des IJSS a beau paraître technique, il pèse sur 2 lignes très concrètes : le net du salarié en arrêt, et la charge de l’employeur qui maintient le salaire. Se tromper de plafond, c’est fausser le bulletin et la DSN d’un coup.
Vos arrêts maladie sont-ils traités au bon plafond selon la date ? Un audit paie sécurise le maintien de salaire et le montant net social. -> Faire auditer ma paie
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