Longtemps cantonnés à l’édition des bulletins de salaire et aux déclarations sociales, les éditeurs de logiciels de paie cherchent désormais à couvrir l’ensemble des processus RH. PayFit illustre parfaitement cette tendance.
En juillet 2026, l’entreprise française a annoncé 2 évolutions majeures. D’une part, elle atteint pour la première fois la rentabilité depuis sa création en 2015. D’autre part, elle engage une transformation profonde de son logiciel afin d’en faire une plateforme RH complète capable de centraliser la quasi-totalité des informations relatives aux collaborateurs.
Pour les employeurs, les responsables RH et les experts-comptables, cette évolution marque un changement important. PayFit ne souhaite plus uniquement simplifier la gestion de la paie : l’objectif est désormais de devenir le point d’entrée unique de l’administration du personnel.
Une rentabilité qui ouvre une nouvelle phase de développement
Après plus de 10 ans d’investissements, PayFit annonce avoir atteint l’équilibre financier. Cette étape constitue un tournant pour la licorne française, qui revendique aujourd’hui environ 22 000 entreprises clientes et près de 700 collaborateurs.
Son dirigeant, Firmin Zocchetto, présente toutefois cette rentabilité comme un moyen de financer une nouvelle phase de croissance plutôt que comme un objectif final. L’entreprise prévoit d’investir dans de nouveaux services, de renforcer son offre et d’élargir progressivement son périmètre fonctionnel.
Cette stratégie répond à une évolution du marché. Les PME recherchent de moins en moins une multitude d’applications spécialisées et privilégient désormais une solution unique capable de gérer la paie, les ressources humaines et l’administration du personnel.
Et cela n’évite pas et même incite de plus en plus à une vérification, à un audit de la DSN ou des pratiques RH !
PayFit ne se limite plus à la paie
Depuis plusieurs années, la plateforme proposait déjà des fonctionnalités dépassant largement la simple production des bulletins de salaire. Les entreprises pouvaient notamment gérer les congés et absences, les entretiens annuels, les notes de frais, les documents RH ou encore certaines étapes de l’onboarding.
En 2026, cette logique s’accélère avec l’arrivée de nouveaux modules destinés à couvrir des besoins qui étaient jusqu’à présent gérés dans des logiciels distincts. Les déploiements doivent intervenir progressivement tout au long de l’année.
Les nouveaux modules annoncés pour 2026
L’évolution la plus visible concerne l’élargissement du périmètre RH.
Parmi les nouveautés annoncées figure d’abord la gestion de la mutuelle et de la prévoyance. Ces sujets représentent souvent une charge administrative importante pour les services RH, notamment lors des embauches, des départs ou des changements de situation des salariés.
PayFit prévoit également d’intégrer un module de suivi des équipements professionnels. Les entreprises pourront ainsi gérer directement les ordinateurs portables, téléphones mobiles et autres matériels confiés aux collaborateurs. Cette fonctionnalité vise notamment à faciliter les procédures d’entrée et de sortie des salariés ainsi que le suivi du parc informatique.
Autre nouveauté importante, la plateforme permettra de gérer des travailleurs non salariés. Les freelances, consultants indépendants et autres prestataires externes pourront être rattachés à l’environnement PayFit, même s’ils ne disposent pas d’un contrat de travail. Cette évolution répond à la multiplication des organisations hybrides associant salariés, indépendants et prestataires réguliers.
Une offre de service autour de la paie
Jusqu’à présent, le modèle économique de PayFit reposait principalement sur un logiciel permettant aux entreprises de produire elles-mêmes leurs bulletins de paie grâce à un haut niveau d’automatisation.
L’entreprise fait désormais évoluer cette approche en proposant également une prestation de service. Les clients qui le souhaitent pourront déléguer une partie de leurs opérations de paie aux équipes internes de PayFit, composées d’environ 200 spécialistes de la paie.
Cette évolution rapproche la plateforme d’un fonctionnement intermédiaire entre un logiciel SaaS traditionnel et un cabinet spécialisé. Les entreprises conservent leur autonomie lorsqu’elles le souhaitent, tout en pouvant externaliser certaines tâches complexes ou chronophages.
L’intelligence artificielle devient un axe stratégique
Au-delà des nouveaux modules, PayFit accélère également sur l’intelligence artificielle.
L’éditeur met progressivement en avant PayFit Copilot, un assistant spécialisé capable d’accompagner les utilisateurs sur des sujets complexes comme les congés, les arrêts maladie, les déclarations sociales ou encore certaines questions réglementaires. L’objectif est de réduire le temps consacré aux recherches documentaires et d’apporter des réponses contextualisées selon l’entreprise utilisatrice.
Cette orientation confirme une tendance de fond observée chez la plupart des éditeurs de SIRH : l’IA devient progressivement une aide opérationnelle pour les gestionnaires de paie plutôt qu’un simple outil conversationnel.
Une plateforme RH unique plutôt qu’une multiplication des logiciels
La stratégie poursuivie par PayFit répond à un problème rencontré par de nombreuses PME.
Dans beaucoup d’entreprises, les données RH sont aujourd’hui réparties entre plusieurs outils : logiciel de paie, gestion des congés, notes de frais, coffre-fort numérique, gestion du matériel, mutuelle, signature électronique ou encore CRM.
Cette dispersion entraîne des doubles saisies, des risques d’erreurs et une perte de temps importante.
En centralisant progressivement ces fonctionnalités, PayFit cherche à devenir une plateforme unique capable de suivre l’ensemble du parcours d’un collaborateur, depuis son recrutement jusqu’à son départ de l’entreprise.
Cette évolution pourrait également simplifier le travail des experts-comptables, qui disposent alors d’une base de données plus homogène pour la production des bulletins, les déclarations sociales et les contrôles.