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Cobham Solutions | Logiciel de conformité et performance en PAIE, DSN et RH

Quand déclarer une suspension temporaire du contrat de travail en DSN ?

La suspension temporaire du contrat de travail constitue l’une des situations les plus techniques à déclarer en DSN. Qu’il s’agisse d’un congé sans solde, d’un congé de solidarité familiale, d’une inaptitude temporaire liée à la grossesse ou de tout autre motif entraînant une interruption complète de l’activité, les règles déclaratives diffèrent sensiblement de celles applicables aux absences classiques.

Une erreur de déclaration peut avoir des conséquences sur le calcul des cotisations, des plafonds de Sécurité sociale, des droits sociaux du salarié ou encore sur les échanges avec les organismes de protection sociale. Les employeurs et les gestionnaires de paie doivent donc connaître précisément les modalités de déclaration prévues par la norme DSN.

Qu’appelle-t-on une suspension temporaire du contrat de travail ?

La suspension du contrat correspond à une situation dans laquelle le salarié cesse totalement d’exécuter son travail sans que le contrat soit rompu.

Le contrat continue d’exister juridiquement, mais les principales obligations des parties sont momentanément suspendues. Le salarié ne fournit plus sa prestation de travail et l’employeur ne verse plus la rémunération habituelle, sauf disposition particulière prévue par la loi ou une convention collective.

Cette situation peut notamment résulter d’un congé sans solde, d’un congé de solidarité familiale, d’un congé pour inaptitude temporaire liée à la grossesse ou de divers congés non rémunérés.

Il est important de ne pas confondre cette suspension avec un aménagement du temps de travail.

Dans un aménagement du temps de travail, le contrat continue à être exécuté selon de nouvelles modalités. Les horaires sont modifiés, mais le salarié poursuit son activité. À l’inverse, lors d’une suspension totale, l’exécution du contrat cesse temporairement sans modifier les caractéristiques juridiques du contrat lui-même. Cette distinction est essentielle car les règles déclaratives en DSN ne sont pas les mêmes.

La suspension doit être déclarée dans un bloc spécifique

Toute suspension totale du contrat doit être déclarée dans le bloc S21.G00.65 « Autre suspension de l’exécution du contrat ».

Cette déclaration vient compléter les autres informations déjà transmises dans la DSN concernant la rémunération et les volumes d’activité.

En parallèle, la période d’absence doit également être prise en compte dans le bloc S21.G00.53 « Activité », qui permet de déclarer les périodes d’activité rémunérée et les absences partiellement ou totalement non rémunérées.

Ces deux blocs poursuivent des objectifs différents mais sont complémentaires. Le premier informe les organismes sociaux de l’existence d’une suspension du contrat tandis que le second permet de mesurer son incidence sur l’activité déclarée.

Certains motifs de suspension disposent toutefois de règles spécifiques faisant l’objet de fiches techniques particulières, notamment pour certains congés familiaux ou certaines situations propres à la fonction publique.

La suspension ne modifie pas la quotité de travail

Cette règle surprend régulièrement les gestionnaires de paie.

Même lorsqu’un salarié est totalement absent pendant plusieurs semaines, la suspension du contrat n’a aucune incidence sur les informations relatives à la quotité de travail renseignées dans le bloc Contrat – S21.G00.40.

Autrement dit, le contrat conserve sa durée de travail habituelle.

Contrairement à un avenant modifiant temporairement le temps de travail, la suspension ne change pas les caractéristiques du contrat. Elle ne fait que suspendre son exécution pendant une période déterminée.

Cette distinction permet aux organismes sociaux de différencier les absences temporaires des véritables modifications contractuelles.

La date de début est toujours obligatoire

Chaque suspension doit comporter une date de début.

Cette information est impérative et correspond au premier jour de la suspension effective du contrat.

Lorsque la suspension se prolonge sur plusieurs mois, cette même date de début doit être reprise dans chacune des DSN mensuelles jusqu’à la fin de l’absence.

Autrement dit, il ne faut pas créer une nouvelle suspension chaque mois.

La période déclarée reste la même tant que l’absence se poursuit.

Cette règle permet aux organismes sociaux de suivre une seule et même période de suspension même lorsqu’elle s’étend sur plusieurs mois.

La date de fin n’est pas toujours connue

La gestion de la date de fin constitue l’un des principaux points de vigilance.

Lorsque l’employeur connaît dès le départ la date exacte de reprise du salarié, cette date doit être renseignée immédiatement dans le bloc S21.G00.65, même si elle intervient plusieurs mois après la déclaration.

En revanche, certaines suspensions ne permettent pas de prévoir précisément la date de reprise.

C’est notamment le cas de certains congés liés à un état de santé ou à des événements familiaux.

Dans cette situation, la date de fin peut rester vide ou être limitée provisoirement au dernier jour du mois principal déclaré.

Tant que la suspension continue à être déclarée sans interruption dans les DSN suivantes, cette date conserve un caractère purement théorique et pourra être remplacée ultérieurement par la date réelle de reprise.

Les absences de quelques heures ne donnent pas toujours lieu à une déclaration

Toutes les absences ne nécessitent pas la création d’un bloc S21.G00.65.

En règle générale, une absence non rémunérée d’une durée inférieure à une journée n’entraîne pas la déclaration d’une suspension temporaire du contrat.

Deux exceptions existent toutefois : le congé de proche aidant et le congé de présence parentale, qui obéissent à des règles spécifiques même lorsqu’ils sont fractionnés.

Pour les autres absences de courte durée, la suspension n’est donc pas déclarée dans ce bloc et aucun jour n’est retranché du plafond mensuel de la Sécurité sociale.

Cette distinction permet d’éviter une multiplication inutile des déclarations pour des absences ponctuelles de quelques heures.

Exemple d’une suspension de courte durée

Prenons le cas d’un salarié placé en congé non rémunéré du 5 au 10 avril.

La suspension dure six jours calendaires, soit trente-cinq heures d’absence.

Dans cette situation, l’employeur déclare un bloc S21.G00.65 mentionnant le motif de suspension, la date de début ainsi que la date de fin de l’absence.

En parallèle, les volumes d’activité déclarés dans le bloc S21.G00.53 sont ajustés afin de tenir compte de cette période non travaillée.

Cette double déclaration garantit la cohérence entre la suspension du contrat et les volumes d’activité effectivement réalisés pendant le mois concerné.

Comment déclarer une suspension dont la fin est inconnue ?

Certaines absences peuvent durer plusieurs mois sans qu’il soit possible d’en connaître immédiatement la date de reprise.

L’exemple typique est celui d’une salariée placée en congé pour inaptitude temporaire liée à la grossesse.

La suspension débute au mois de février, mais sa date de fin n’est connue qu’au mois de juillet.

Dans cette situation, la DSN de février comporte uniquement la date de début de suspension.

Les déclarations des mois suivants reprennent exactement les mêmes informations.

Ce n’est qu’au moment où la date de reprise devient certaine que la date de fin est renseignée dans la DSN correspondante.

Les déclarations suivantes ne reprennent alors plus cette suspension puisque celle-ci est désormais terminée.

Cette méthode garantit une continuité parfaite des informations transmises aux organismes sociaux sans nécessiter de corrections intermédiaires.

Comment déclarer une suspension lorsqu’un salarié possède plusieurs contrats ?

La gestion devient plus technique lorsqu’un même salarié cumule plusieurs contrats auprès du même employeur et dans le même établissement.

Dans cette situation, la suspension doit être déclarée pour chacun des contrats concernés, mais uniquement si elle couvre effectivement les mêmes périodes d’absence.

Chaque bloc S21.G00.65 est alors rattaché au contrat correspondant. Les dates de suspension doivent rester cohérentes avec les dates de début et de fin de chaque contrat. Une suspension ne peut donc jamais débuter avant la prise d’effet d’un contrat ni se poursuivre après sa fin.

Cette règle est particulièrement importante lorsque deux contrats se succèdent au cours d’un même mois. Même si la période de suspension est continue, chaque contrat doit comporter son propre bloc déclaratif afin que les organismes sociaux puissent rattacher correctement l’absence à chacun des contrats concernés.

Exemple d’un salarié ayant deux contrats successifs

Imaginons un salarié employé sous un premier contrat qui prend fin le 14 février, puis recruté dès le 15 février dans le cadre d’un second contrat au sein du même établissement.

Pendant cette période, le salarié bénéficie d’un congé de solidarité familiale couvrant la période du 10 janvier au 28 février.

La DSN devra comporter un premier bloc S21.G00.65 rattaché au premier contrat, limité aux dates correspondant à ce contrat.

Un second bloc devra ensuite être créé pour le contrat débutant le 15 février, avec les mêmes informations relatives au motif de suspension mais adaptées aux dates de validité du second contrat.

Cette méthode permet de préserver la cohérence entre les périodes contractuelles et les périodes de suspension effectivement déclarées.

Comment corriger une erreur de déclaration ?

Malgré les contrôles intégrés aux logiciels de paie, il peut arriver qu’un motif de suspension soit erroné ou que les dates déclarées soient incorrectes.

Dans ce cas, la correction ne consiste pas à modifier directement le bloc existant.

La norme DSN impose une procédure spécifique.

L’employeur doit d’abord transmettre un nouveau bloc S21.G00.65 reprenant exactement les mêmes dates que celles initialement déclarées.

Ce bloc est identifié grâce au code 998 « Annulation » renseigné dans la rubrique correspondant au motif de suspension.

Cette première étape permet d’annuler officiellement la déclaration erronée.

Une fois cette annulation réalisée, un second bloc S21.G00.65 est créé avec les informations correctes : nouveau motif, nouvelles dates ou toute autre donnée devant remplacer la déclaration initiale.

Cette méthode garantit une parfaite traçabilité des corrections effectuées en DSN.

Exemple d’une correction de motif

Prenons le cas d’un salarié déclaré initialement en congé pour enfant malade du 10 au 12 octobre.

Quelques semaines plus tard, l’employeur constate que cette déclaration est erronée.

Le salarié bénéficiait en réalité d’un congé de proche aidant couvrant la période du 10 octobre au 30 novembre.

Dans la DSN corrective, un premier bloc est utilisé pour annuler la déclaration initiale grâce au motif 998 – Annulation.

Un second bloc est ensuite créé afin de déclarer correctement le congé de proche aidant avec ses véritables dates de début et de fin.

Cette procédure permet aux organismes sociaux de supprimer totalement la première déclaration avant de prendre en compte les nouvelles informations.

Les corrections ne concernent pas uniquement les dates

Certaines erreurs portent sur des informations complémentaires propres à certaines catégories de salariés.

C’est notamment le cas de la position de détachement dans la fonction publique ou du nombre de jours ouvrés de suspension.

Lorsque ces informations ont été renseignées par erreur, il suffit de transmettre un nouveau bloc S21.G00.65 reprenant les mêmes éléments d’identification de la suspension mais sans les rubriques qui ne devaient pas être déclarées.

À l’inverse, lorsque ces informations existent mais sont erronées, un nouveau bloc est transmis avec les valeurs corrigées.

Enfin, lorsqu’elles auraient dû être renseignées mais ont été oubliées, elles peuvent être ajoutées ultérieurement dans un nouveau bloc reprenant le même motif de suspension et la même date de début.

Cette souplesse permet de corriger précisément les données concernées sans remettre en cause l’ensemble de la suspension déjà déclarée.

Certains congés disposent de règles particulières

Toutes les suspensions du contrat ne suivent pas exactement les mêmes modalités déclaratives.

Plusieurs congés font l’objet de fiches techniques spécifiques publiées dans la documentation DSN.

C’est notamment le cas du congé de proche aidant, du congé d’adoption, du congé parental, du congé de présence parentale ou encore de certaines situations particulières liées à la fonction publique et au détachement des agents.

Ces dispositifs peuvent prévoir des rubriques supplémentaires, des motifs spécifiques ou des modalités de déclaration différentes de celles applicables aux suspensions classiques.

Avant de déclarer ce type de congé, il est donc recommandé de vérifier les consignes particulières qui leur sont consacrées afin d’éviter toute anomalie déclarative.

Les erreurs les plus fréquentes

En pratique, plusieurs anomalies reviennent régulièrement lors des contrôles DSN.

Les employeurs oublient parfois de déclarer une suspension pourtant totale ou, au contraire, créent un bloc S21.G00.65 pour une simple absence de quelques heures qui ne relève pas de cette procédure.

D’autres erreurs concernent la date de début, qui change d’un mois à l’autre alors qu’elle doit rester identique pendant toute la durée de la suspension, ou encore la création d’une nouvelle suspension chaque mois au lieu de poursuivre celle déjà ouverte.

Les corrections sont également une source fréquente d’erreurs lorsque l’employeur modifie directement un motif ou une date sans procéder à l’annulation préalable imposée par la norme.

Enfin, les entreprises ayant plusieurs contrats simultanés ou successifs oublient parfois de rattacher correctement chaque suspension au contrat correspondant.

Ce qu’il faut retenir

La déclaration d’une suspension temporaire du contrat de travail ne se limite pas à signaler une absence du salarié. Elle répond à des règles précises qui conditionnent le calcul des cotisations sociales, des plafonds de Sécurité sociale ainsi que les droits du salarié auprès des différents organismes.

La bonne utilisation du bloc S21.G00.65, le respect des règles relatives aux dates de début et de fin, la gestion des suspensions de longue durée, des contrats multiples et des corrections permettent de sécuriser la DSN tout en limitant les risques d’anomalies ou de régularisations ultérieures.

Une attention particulière doit enfin être portée aux congés bénéficiant de modalités déclaratives spécifiques, qui complètent les règles générales applicables aux suspensions temporaires du contrat de travail.

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