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Cobham Solutions | Logiciel de conformité et performance en PAIE, DSN et RH

Salaire de l’apprenti 2026 : grille par âge, calcul et charges sur le bulletin

Vous recrutez un apprenti et la première question qui tombe, c’est toujours la même : je le paie combien ? La réponse tient en un pourcentage du SMIC. Sauf que derrière ce pourcentage se cache un empilement de règles qui a changé au 1er mars 2025, un SMIC qui a bougé deux fois en 2026, et un seuil d’exonération abaissé qui fait désormais apparaître de la CSG sur des bulletins où il n’y en avait jamais. Résultat, des fiches de paie d’apprentis fausses, des employeurs persuadés de bien faire, et des régularisations à la clé.

On remet tout à plat. La grille officielle, le SMIC de référence applicable aujourd’hui, le calcul du brut, le fameux seuil de 50 % qui déclenche les prélèvements, et les pièges qui font qu’un bulletin d’apprenti n’est jamais aussi simple qu’on le vend.

La grille de rémunération 2026, âge par âge, année par année

La rémunération minimale d’un apprenti dépend de deux critères : son âge, et l’année d’exécution du contrat. Pas son niveau de diplôme, pas sa formation. Ces pourcentages sont fixés par le Code du travail, article D6222-26. Un employeur peut toujours payer plus, jamais moins.

Voici les planchers en vigueur.

Âge de l’apprenti 1re année 2e année 3e année
Moins de 18 ans 27 % du SMIC 39 % du SMIC 55 % du SMIC
De 18 à 20 ans 43 % du SMIC 51 % du SMIC 67 % du SMIC
De 21 à 25 ans 53 % du SMIC 61 % du SMIC 78 % du SMIC
26 ans et plus 100 % du SMIC 100 % du SMIC 100 % du SMIC

Deux points que presque personne n’applique correctement. D’abord, pour les 21-25 ans, le pourcentage se calcule sur le SMIC ou sur le salaire minimum conventionnel de l’emploi occupé s’il est plus favorable. Ensuite, quand l’apprenti change de tranche d’âge en cours de contrat, sa rémunération est réévaluée le mois suivant son anniversaire. Un apprenti qui fête ses 21 ans en avril bascule dans la tranche supérieure dès le 1er mai. Oublier cette bascule, c’est sous-payer, et le sous-paiement se rattrape avec rappel de salaire et majorations.

Le SMIC de référence à utiliser en 2026

Impossible de calculer un salaire d’apprenti sans le bon SMIC. Et 2026 a été mouvementée. Revalorisation au 1er janvier, puis une seconde au 1er juin. Le montant applicable aujourd’hui, celui qu’il faut prendre pour tout contrat en cours, c’est le SMIC depuis le 1er juin 2026 : 12,31 € de l’heure, soit 1 867,02 € brut mensuel pour 151,67 heures.

Ce chiffre est capital. Une revalorisation du SMIC entraîne mécaniquement une revalorisation du salaire de l’apprenti, dès le mois d’application. L’employeur qui a paramétré un montant fixe en janvier et n’a pas suivi la hausse de juin paie ses apprentis en dessous du minimum légal depuis l’été. Là encore, l’administration ne prévient pas trois mois à l’avance : le décret du SMIC de juin est paru quelques semaines avant son entrée en vigueur, à charge pour les gestionnaires de suivre.

Un exemple concret. Apprenti de 19 ans, deuxième année de contrat. Sa rémunération minimale : 51 % de 1 867,02 €, soit 952,18 € brut par mois. En première année, ce même apprenti touchait 43 %, soit 802,82 €. La différence n’est pas anecdotique quand on gère plusieurs contrats.

Le vrai virage : le seuil d’exonération abaissé à 50 % du SMIC

Voilà le changement que beaucoup n’ont pas intégré, et qui transforme le bulletin. Jusqu’en 2025, l’apprenti était exonéré de cotisations salariales et de CSG/CRDS jusqu’à 79 % du SMIC. Autrement dit, la quasi-totalité des apprentis touchaient un net égal à leur brut. La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 a fait tomber ce seuil à 50 % du SMIC pour les contrats conclus à compter du 1er mars 2025.

Concrètement, 50 % du SMIC en 2026, c’est 933,51 € par mois. En dessous, l’apprenti reste exonéré de cotisations salariales et de CSG/CRDS : son net égale son brut. Au-dessus, la fraction qui dépasse 933,51 € devient assujettie à la CSG (9,2 %) et à la CRDS (0,5 %), après application de l’abattement de 1,75 % pour frais professionnels. Les cotisations salariales de Sécurité sociale, elles, restent dues sur cette même fraction excédentaire.

Reprenons notre apprenti de 19 ans en deuxième année, à 952,18 € brut. Il dépasse le seuil de 933,51 € de 18,67 €. C’est uniquement sur ces 18,67 € que la CSG/CRDS et les cotisations salariales vont mordre. Une bricole en valeur absolue, mais un basculement de principe : ce bulletin n’est plus un bulletin « brut égale net ». Et sur des apprentis mieux payés, en troisième année ou de plus de 21 ans, l’écart devient réel.

Point de vigilance qui vaut de l’or en cas de contrôle : c’est la date de signature du contrat qui décide, pas la date de démarrage. Un contrat signé le 20 février 2025 mais démarré en septembre conserve l’ancien seuil de 79 %. Un contrat signé le 2 mars 2025 relève du nouveau seuil de 50 %. Deux apprentis côte à côte, même salaire, deux bulletins différents. Absurde ? Peut-être. C’est la règle.

Ce que paie l’employeur, et ce qu’il ne paie pas

Du côté patronal, l’apprentissage reste avantageux, mais moins qu’avant. L’employeur est exonéré de la plupart des cotisations patronales sur la rémunération de l’apprenti dans la limite d’un plafond, la réduction générale des cotisations s’appliquant selon les règles de droit commun depuis les réformes récentes. Restent dues certaines contributions, comme la cotisation accidents du travail, et le régime dépend de la taille de l’entreprise.

L’aide à l’embauche d’apprentis, qui a beaucoup fluctué au gré des lois de finances, continue d’exister sous forme d’une aide unique versée aux employeurs pour les contrats éligibles. Son montant et ses conditions bougent régulièrement, il faut vérifier le barème en vigueur au moment de la signature plutôt que de se fier à ce qu’on savait l’an passé.

Pour la mise en pratique sur le bulletin, s’appuyer sur un modèle de fiche de paie pour un apprenti fait gagner un temps précieux et évite d’oublier une ligne. Et côté déclaratif, tout se joue en DSN : la façon de déclarer les apprentis en DSN conditionne le bon traitement des exonérations par l’URSSAF.

Les erreurs de paie qui reviennent le plus souvent

Le trio gagnant. Numéro un, le SMIC figé : on paramètre en janvier et on oublie la revalorisation de juin. Numéro deux, la bascule d’âge ratée, quand l’apprenti change de tranche et que la rémunération ne suit pas le mois suivant. Numéro trois, le seuil de 50 % ignoré : on continue d’éditer des bulletins « brut égale net » alors que le contrat, signé après le 1er mars 2025, aurait dû faire apparaître de la CSG.

Ajoutons un classique tenace : confondre année civile et année d’exécution du contrat. La deuxième année d’apprentissage démarre à la date anniversaire du contrat, pas au 1er janvier. Un contrat signé en septembre 2025 passe en deuxième année en septembre 2026, pas en janvier. La grille se lit sur l’ancienneté dans le contrat.

Un bulletin d’apprenti a l’air simple. Il concentre en réalité trois variables mouvantes : l’âge, l’année de contrat, le SMIC. Quand l’une d’elles bouge et que la paie ne suit pas, l’erreur s’installe et se répète chaque mois. La détecter tôt, c’est éviter le rappel de salaire côté apprenti et le redressement côté URSSAF.

Un doute sur la conformité de vos bulletins d’apprentis, surtout depuis le changement de seuil de 2025 ? Un audit de paie passe en revue exactement ces points de paramétrage et sécurise les exonérations avant tout contrôle.

FAQ

Quel est le salaire minimum d’un apprenti en 2026 ? Il dépend de l’âge et de l’année d’exécution du contrat, en pourcentage du SMIC. Le plancher va de 27 % du SMIC (moins de 18 ans, première année) à 100 % du SMIC (26 ans et plus). Avec un SMIC à 1 867,02 € brut depuis juin 2026, cela représente de 504,10 € à 1 867,02 € brut mensuel. L’apprenti de 26 ans et plus touche au minimum le SMIC entier.

Un apprenti paie-t-il des cotisations et de la CSG ? Oui, mais seulement sur la fraction de sa rémunération qui dépasse 50 % du SMIC, soit 933,51 € par mois en 2026, pour les contrats signés depuis le 1er mars 2025. En dessous de ce seuil, il reste exonéré de cotisations salariales et de CSG/CRDS, et son net égale son brut. Au-dessus, la part excédentaire supporte la CSG à 9,2 % et la CRDS à 0,5 % après abattement de 1,75 %.

La rémunération de l’apprenti augmente-t-elle quand le SMIC augmente ? Oui, automatiquement et dès le mois d’application de la revalorisation. Comme le salaire se calcule en pourcentage du SMIC, toute hausse du SMIC relève mécaniquement le salaire de l’apprenti. En 2026, le SMIC a été revalorisé au 1er janvier puis au 1er juin, ce qui a imposé deux ajustements dans l’année.

Que se passe-t-il quand l’apprenti change de tranche d’âge ? Sa rémunération est réévaluée à la hausse le premier jour du mois suivant son anniversaire. Un apprenti qui atteint 18 ou 21 ans bascule dans la tranche supérieure de la grille. Cette réévaluation est obligatoire, l’oublier revient à sous-payer l’apprenti et expose à un rappel de salaire.

Le seuil de 50 % s’applique-t-il à tous les apprentis ? Non. Il vise les contrats conclus à compter du 1er mars 2025. Les contrats signés avant cette date conservent l’ancien seuil de 79 % du SMIC, y compris si leur exécution se poursuit en 2026. C’est la date de signature du contrat qui détermine le régime applicable, pas la date de début d’exécution.

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