web analytics
Passer au contenu principal

Cobham Solutions | Logiciel de conformité et performance en PAIE, DSN et RH

Salariés protégés : liste, durée et licenciement

Dans le droit du travail français, certains salariés bénéficient d’une protection spécifique contre le licenciement. On les appelle les salariés protégés. Ces protections visent principalement les délégués syndicaux, les membres élus du CSE, les conseillers prud’homaux, ainsi que d’autres représentants du personnel. La raison de l’existence de ce statut de salarié protégé est simple : il s’agit d’éviter que les actions menées par ces salariés dans l’exercice de leurs fonctions ne conduisent à des représailles de la part de l’employeur.

Définition du salarié protégé

La législation française, à travers les articles L. 2411-1 et L. 2411-2 du Code du travail, accorde le statut de salarié protégé à la majorité des représentants du personnel, qu’ils soient en contrat à durée indéterminée (CDI), en contrat à durée déterminée (CDD), ou même en intérim. Parmi les catégories les plus concernées, on retrouve les délégués syndicaux, les membres du comité social et économique (CSE), ainsi que les conseillers prud’homaux.

Dans le détail, voici les salariés concernés :

  1. Les représentants du personnel :
    • Représentants syndicaux au CSE.
    • Membres élus du Comité social et économique (CSE).
    • Membres du CSE interentreprises.
    • Représentants du personnel d’une entreprise extérieure à la commission santé, sécurité et conditions de travail, dans les cas prévus par les textes.
    • Représentants de proximité.
  2. Les délégués syndicaux :
    • Délégués syndicaux désignés par les syndicats représentatifs au sein de l’entreprise.
    • Représentants de section syndicale (y compris dans certaines entreprises de moins de 50 salariés).
  3. Les représentants au conseil d’administration ou de surveillance des entreprises publiques ou privées ayant une représentation des salariés dans ces instances.
  4. Les conseillers prud’homaux, chargés de régler les litiges entre employeurs et salariés devant le Conseil de prud’hommes.
  5. Les membres du comité d’entreprise européen ou d’un comité de groupe (selon les conditions propres à chaque instance).
  6. Les représentants des salariés dans le cadre d’une procédure de redressement ou liquidation judiciaire.
  7. Les salariés candidats aux élections professionnelles (protection selon le mandat et le point de départ fixé par le Code du travail ; pour les candidatures au CSE, six mois à partir de la candidature, avec protection de l’imminence connue de l’employeur).

La grossesse et les accidents du travail ou maladies professionnelles relèvent de protections distinctes, sans autorisation administrative du seul fait de cet état. Une maladie non professionnelle n’entraîne pas la même interdiction de licenciement pendant toute la suspension. Dans tous les cas, licencier en raison de l’état de santé est interdit ; il faut examiner le motif et le régime applicable.

Mise en œuvre de la protection

Dans la pratique, si un employeur souhaite licencier un salarié protégé, il ne peut se contenter de suivre la procédure habituelle. Il doit également obtenir l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail. En cas de faute grave, une mise à pied conservatoire peut être prononcée dans le respect des délais propres au mandat. Elle ne vaut pas autorisation de rompre le contrat. Si l’inspecteur refuse le licenciement, ses effets sont supprimés et le salaire de la période doit être versé. Si l’inspecteur accorde l’autorisation de licenciement, le salarié dispose de deux mois pour contester cette décision. Ce recours peut être exercé devant le Ministre du travail, le tribunal administratif ou l’inspecteur lui-même. Si l’autorisation est annulée, le salarié a le droit de demander sa réintégration, conformément à l’article L. 2422-1 du Code du travail, ainsi que des indemnités pour le préjudice subi, conformément à l’article L. 2422-4.

La consultation du CSE dépend du mandat et de la procédure applicable. Il ne faut plus renvoyer au comité d’entreprise ou au CHSCT comme instances courantes. Un changement de contrat ou de conditions de travail exige l’accord du salarié protégé ; l’inspecteur n’autorise pas l’employeur à lui imposer ce changement. En cas de refus, maintenir les conditions actuelles ou engager, si un motif le justifie, la procédure de licenciement avec autorisation préalable.

Quelle durée de protection ?

La protection accordée aux salariés protégés existe pendant toute la durée de leur mandat, mais également après la fin de celui-ci. Cette protection post-mandat varie de six mois à un an, en fonction du type de mandat exercé. De plus, les salariés qui n’ont pas de mandat, mais qui ont demandé la tenue d’une élection, qui ont été candidats à une élection, ou qui peuvent prouver que leur employeur était informé de l’imminence de leur candidature bénéficient également d’une protection de six mois.

Réintégration et dédommagement

En cas de violation des droits d’un salarié protégé, ce dernier peut saisir le Conseil de prud’hommes pour demander sa réintégration ainsi qu’un dédommagement. L’employeur, quant à lui, s’expose à des sanctions sévères, incluant des peines pénales prévues selon le mandat. Par exemple, la rupture sans respect de l’autorisation administrative pour un délégué syndical ou un élu du CSE est punie d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende (articles L. 2431-1 et L. 2432-1). Ces sanctions pénales sont distinctes des conséquences civiles et des indemnités dues au salarié.

En somme, la législation française accorde une protection rigoureuse aux salariés exerçant des fonctions de représentation, garantissant ainsi leur capacité à remplir leur mandat sans craindre de représailles de la part de leur employeur.

Autres fonctions à ne pas oublier

La protection peut également concerner un conseiller du salarié, un défenseur syndical, un salarié mandaté pour négocier et d’autres fonctions énumérées par les articles L. 2411-1 et suivants. Pour un mandat extérieur à l’entreprise, vérifiez aussi les conditions d’information de l’employeur. Les durées post-mandat ne sont pas uniformes : six mois pour un ancien élu du CSE, douze mois pour un ancien délégué syndical ayant exercé au moins un an, par exemple.

Références utiles

Service Public — définition du salarié protégé ; Service Public — procédure de licenciement.

N'hésitez pas à nous contacter pour tout problème de conformité de la paie, de la DSN, des processus RH (rupture de contrat et autres) dans votre entreprise

    

Un de nos experts vous recontactera dans la journée pour vous présenter nos solutions.

Une fois que vous aurez confirmé votre choix un mail vous sera envoyé avec une invitation à enregistrer dans votre agenda.